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Test EndomeTRIO en PMA : ERA, EMMA et ALICE, comment ça fonctionne ?

Lors d'un parcours de PMA, l'embryon n'est pas le seul élément important. L'endomètre, la muqueuse qui tapisse l'intérieur de l'utérus, joue également un rôle essentiel au moment de l'implantation.

Lorsque plusieurs transferts embryonnaires n'aboutissent pas, ou lorsqu'il existe certains antécédents particuliers, le médecin peut proposer d'approfondir l'étude de l'endomètre.

C'est dans ce contexte que peut être proposé EndomeTRIO, un examen qui regroupe trois analyses complémentaires :

  • ERA : étudie la réceptivité de l'endomètre ;

  • EMMA : analyse le microbiote endométrial ;

  • ALICE : recherche des bactéries associées à l'endométrite chronique.

L'un des intérêts d'EndomeTRIO est que les trois analyses peuvent être réalisées à partir d'une seule biopsie de l'endomètre.



Pourquoi faire un test EndomeTRIO ?

L'objectif est d'obtenir une vision plus complète de l'environnement endométrial avant un transfert embryonnaire.

Le test explore trois questions différentes :

1. Mon endomètre est-il réceptif au bon moment ?

C'est ce que cherche à évaluer ERA.

2. Quel est l'équilibre bactérien de mon endomètre ?

C'est le rôle de EMMA.

3. Existe-t-il des bactéries pouvant être associées à une endométrite chronique ?

C'est ce que recherche ALICE.

Ces trois informations sont donc complémentaires et ne recherchent pas la même chose.


1. Le test ERA : étudier la fenêtre d'implantation

ERA signifie Endometrial Receptivity Analysis.

Pour comprendre ce test, il faut parler de la fenêtre d'implantation.

Après l'ovulation ou après l'administration de progestérone dans un cycle préparé, l'endomètre évolue progressivement. Il existe une période pendant laquelle il devient particulièrement favorable à l'implantation d'un embryon.

Cette période est appelée fenêtre d'implantation.

L'idée du test ERA est de rechercher, grâce à l'analyse de l'expression de gènes de l'endomètre, si celui-ci présente un profil considéré comme réceptif au moment où la biopsie a été réalisée.

Igenomix indique que son test analyse l'expression de 248 gènes associés à la réceptivité endométriale.

  • Pourquoi faire ERA ?

L'objectif est de déterminer si le moment choisi pour le transfert embryonnaire correspond à la période où l'endomètre est considéré comme réceptif selon le test.

Dans certaines situations, notamment après des échecs d'implantation, le médecin peut donc envisager une stratégie de transfert embryonnaire personnalisé (pET).

Si le résultat est considéré comme réceptif, le transfert peut être programmé dans des conditions correspondant à celles de la biopsie.

Si le résultat indique un décalage de la fenêtre, le laboratoire peut proposer une adaptation du moment du transfert.

  • Comment réalise-t-on ERA ?

Il faut réaliser une biopsie de l'endomètre à un moment très précis du cycle.

Et c'est un point important : le cycle utilisé pour la biopsie doit correspondre au type de cycle prévu pour le transfert.

Dans un cycle hormonal substitué, Igenomix indique notamment une biopsie à P+5, c'est-à-dire cinq jours après le début de la progestérone selon le protocole prévu.

Dans un cycle naturel, la biopsie est réalisée généralement à LH+7 ou hCG+7, selon la manière dont l'ovulation est déterminée.

Le timing doit donc être organisé avec le médecin.


2. Le test EMMA : analyser le microbiote de l'endomètre

EMMA signifie Endometrial Microbiome Metagenomic Analysis.

Contrairement à ERA, EMMA ne cherche pas à déterminer le moment de la fenêtre d'implantation.

Il s'intéresse au microbiote endométrial, c'est-à-dire aux microorganismes présents dans l'endomètre.

L'analyse permet notamment d'étudier la présence et la proportion de certaines bactéries, notamment les bactéries du groupe des Lactobacillus, ainsi que d'autres bactéries pouvant être détectées dans l'échantillon.

  • Pourquoi analyser le microbiote ?

L'environnement bactérien de l'endomètre fait l'objet de nombreuses recherches en médecine reproductive.

L'objectif d'EMMA est notamment d'identifier un éventuel déséquilibre du microbiote endométrial, afin que le médecin puisse déterminer s'il existe un élément nécessitant une prise en charge.

Il ne faut cependant pas interpréter un résultat EMMA comme un diagnostic automatique d'infertilité : la présence ou l'absence de certaines bactéries doit être interprétée dans le contexte médical global de la patiente.

  • Quand faire la biopsie pour EMMA ?

Le prélèvement doit être réalisé dans des conditions précises car le microbiote peut évoluer au cours du cycle.

Pour EMMA et ALICE, Igenomix recommande notamment une biopsie durant la phase sécrétoire. Pour un cycle naturel régulier de 26 à 32 jours, le prélèvement peut être réalisé entre les jours 15 et 25 selon le protocole. Dans un cycle hormonal substitué, le prélèvement peut notamment être réalisé pendant la prise de progestérone, préférentiellement à P+5.


3. Le test ALICE : rechercher une endométrite chronique

ALICE signifie Analysis of Infectious Chronic Endometritis.

Son objectif est différent de celui d'EMMA.

ALICE recherche des bactéries associées à l'endométrite chronique, une inflammation persistante de l'endomètre pouvant parfois être liée à une infection bactérienne.

L'analyse moléculaire recherche directement le matériel génétique de bactéries ciblées afin de déterminer si elles sont présentes dans l'échantillon. Igenomix indique que les technologies récentes d'EMMA et ALICE permettent également une identification au niveau de l'espèce pour certaines bactéries.

  • Pourquoi rechercher une endométrite chronique ?

L'endométrite chronique peut parfois passer inaperçue car elle ne provoque pas forcément de symptômes évidents.

Elle peut notamment être recherchée dans le cadre d'un bilan après des échecs d'implantation ou dans certaines situations de fausses couches répétées.

Si des bactéries associées à une endométrite chronique sont identifiées, le résultat peut permettre au médecin de discuter d'une prise en charge adaptée.


ALICE et CD138 : quelle différence ?

On peut facilement confondre les deux examens, car CD138 et ALICE sont tous les deux utilisés dans le contexte de la recherche d'une endométrite chronique. Pourtant, leur principe est différent.

Le CD138 recherche une réaction inflammatoire dans l'endomètre. Après une biopsie, le tissu endométrial est examiné au laboratoire grâce à une technique d'immunohistochimie utilisant le marqueur CD138. Celui-ci permet notamment d'identifier les plasmocytes, des cellules immunitaires dont la présence dans le stroma endométrial peut être un signe d'endométrite chronique. Le CD138 répond donc principalement à la question : « Y a-t-il des plasmocytes dans l'endomètre, compatibles avec une endométrite chronique ? » 

ALICE, lui, recherche les bactéries susceptibles d'être à l'origine de cette endométrite. Il s'agit d'une analyse microbiologique moléculaire qui recherche plusieurs bactéries associées à l'endométrite chronique. Le résultat permet donc d'obtenir des informations sur le ou les microorganismes détectés, ce qui peut aider le médecin à discuter d'une prise en charge adaptée.


En résumé

Examen

Ce qu'il recherche

Question à laquelle il répond

CD138 

Les plasmocytes dans le tissu endométrial

Y a-t-il un signe histologique d'endométrite chronique ?

ALICE 

Des bactéries associées à l'endométrite chronique

Quelles bactéries susceptibles d'être responsables sont détectées ?

Ils sont donc complémentaires plutôt que strictement équivalents. Un résultat CD138 positif ne permet pas, à lui seul, de dire quelle bactérie est responsable. À l'inverse, ALICE apporte une information microbiologique sur les bactéries recherchées.

CD138 et ALICE ne sont donc pas deux façons différentes de faire exactement le même examen. Ils explorent deux aspects différents de l'endométrite chronique : CD138 s'intéresse à la réponse inflammatoire observée dans le tissu, tandis qu'ALICE s'intéresse aux bactéries susceptibles d'être impliquées.


Pourquoi associer les trois examens ?

C'est justement là que se trouve l'intérêt d'EndomeTRIO.

Les trois tests répondent à trois questions différentes :

Test

Ce qu'il recherche

ERA

La réceptivité de l'endomètre et la fenêtre d'implantation

EMMA

Le microbiote endométrial

ALICE

Les bactéries associées à l'endométrite chronique

L'objectif est donc d'obtenir une évaluation plus globale de l'endomètre.

Et surtout, les trois analyses peuvent être effectuées à partir de la même biopsie endométriale, ce qui évite de réaliser trois prélèvements différents.


Comment se déroule un EndomeTRIO ?

1. Prescription et préparation

Le test doit être organisé avec un médecin ou une clinique de fertilité.

Le calendrier est particulièrement important, surtout lorsqu'ERA est réalisé, car la date de la biopsie doit être calculée en fonction du protocole qui sera utilisé lors du futur transfert.


2. La biopsie de l'endomètre

Le prélèvement est réalisé avec une petite canule, généralement une Pipelle, introduite à travers le col de l'utérus.

Une petite quantité de tissu endométrial est prélevée.

Igenomix indique qu'une seule biopsie suffit pour réaliser les trois analyses d'EndomeTRIO.

  • Est-ce douloureux ?

La biopsie peut provoquer des crampes ou une douleur ressemblant à des douleurs menstruelles.

La sensation varie énormément d'une personne à l'autre. Certaines femmes ressentent une gêne légère, tandis que d'autres trouvent le prélèvement plus douloureux.

Il est donc préférable de demander au médecin qui réalise la biopsie comment se déroule le prélèvement et quelles mesures peuvent être prises pour limiter l'inconfort.


Peut-on faire EndomeTRIO en France ?

Oui. Il n'est pas nécessaire de se déplacer en Espagne uniquement pour réaliser la biopsie.

Le prélèvement peut être effectué par un professionnel de santé en France, avec le kit Igenomix, puis l'échantillon peut être préparé conformément aux instructions du laboratoire et envoyé à Igenomix pour analyse.

Le kit comprend notamment le matériel de prélèvement, le tube destiné à l'échantillon, les documents nécessaires et le dispositif permettant le retour de l'échantillon au laboratoire.

Après le prélèvement, l'échantillon doit être conservé selon les instructions précises du laboratoire avant son expédition.

Pour EndomeTRIO, Igenomix indique notamment que le tube doit être réfrigéré à 4–8 °C pendant au moins quatre heures avant l'envoi ; l'échantillon peut ensuite être expédié selon les conditions prévues par le kit. Pour EMMA et ALICE, le laboratoire recommande de ne pas retarder inutilement l'envoi en raison de la nature du microbiome.

👉 Cela signifie concrètement qu'une patiente suivie en France peut, selon l'organisation de son médecin et du laboratoire, réaliser la biopsie en France sans avoir besoin de voyager en Espagne pour le prélèvement.


Faut-il prendre des antibiotiques avant l'examen ?

C'est un point important pour EMMA et ALICE.

Les antibiotiques peuvent modifier le microbiote et donc influencer l'analyse.

Les instructions actuelles d'Igenomix indiquent d'éviter les antibiotiques pendant au moins 7 jours avant la biopsie et pendant le prélèvement pour EMMA et ALICE, avec signalement des traitements antibiotiques récents dans le dossier.

Il faut évidemment ne jamais arrêter un traitement prescrit sans l'avis du médecin.


Combien coûte un EndomeTRIO ?

Le tarif dépend du pays, du laboratoire, de la clinique et de ce qui est inclus dans la prestation.


Bon à savoir : si vous réalisez votre biopsie en France et que l'échantillon est envoyé directement à Igenomix, demandez au médecin ou au laboratoire quel est le coût exact de l'analyse et du kit, ainsi que les frais éventuels liés au prélèvement et au transport.

Quel est le bénéfice réel d'EndomeTRIO ?

Le principal intérêt d'EndomeTRIO est de regrouper trois analyses différentes de l'endomètre à partir d'une même biopsie.

Selon le résultat, le médecin peut disposer d'informations supplémentaires concernant :

  • le moment de la réceptivité endométriale ;

  • le microbiote ;

  • une éventuelle présence de bactéries associées à une endométrite chronique.

Cela peut aider à discuter d'une stratégie personnalisée dans certaines situations.

Mais EndomeTRIO ne garantit évidemment pas une grossesse.

Le choix de réaliser un ERA, un EMMA, un ALICE ou l'EndomeTRIO doit donc être individualisé avec le spécialiste de la fertilité.


EndomeTRIO : ce qu'il faut retenir

EndomeTRIO = 3 examens en 1 :

ERA→ étudie la réceptivité de l'endomètre et la fenêtre d'implantation.

EMMA→ analyse le microbiote endométrial.

ALICE→ recherche des bactéries associées à l'endométrite chronique.

Une seule biopsie peut permettre de réaliser les trois analyses. 

Et surtout, la biopsie ne doit pas obligatoirement être réalisée en Espagne : elle peut être effectuée en France par un professionnel de santé, puis l'échantillon peut être envoyé à Igenomix selon le protocole du laboratoire.



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